"Le temps sera porté par un beau mouvement dramatique et celui-ci ne laissera pas de place à la monotonie"
Alexandre Vialatte

Les vaches

mardi 30 novembre 2010

Journée un peu fichue mais bon...

Apercevant un joli soleil éclairant les arbres croulant sous la neige j'avais imaginé prendre quelques photos par ce temps très froid mais resplendissant. Au programme : une église sombrant lentement mais sûrement dans une galerie de mine ... quelques sites industriels embellis par les reflets de la neige et du soleil... Je n'ai pas de sujets tabous... mes yeux retiennent le moindre instant de beauté même s'il s'agit d'usines aux cheminée fumantes, dès lors que le site et son contexte "interpellent" ... A chacun ensuite d'y placer ses propres appréciations !


Cette église se trouve entre Orlova et Karvina en Silésie (extrême Est de la République Tchèque). Le poumon industriel de feue Tchécoslovaquie a vu ses mines fermer une à une. Le sul puits de mine exploité encore aujourd'hui se trouve à Karvina. Cette région souffre de plusieurs maux à l'image de ceux que connaissent des régions comme la Lorraine et le Nord de la France : fermetures des mines, redéploiement de la sidérurgie ou de la métallurgie. Pollutions industrielles. La Silésie est une région très dure, laissée à l'écart par le pouvoir central de Prague comme si elle avait commis une faute d'avoir été pendant des décennies le coeur industriel de la Tchécoslovaquie.

Quand je parle avec des Tchèques je dis souvent que nous vivons là comme dans d'autres pays de grandes mutations économiques. Cette remarque ne suffit pas à redonner spontanément l'optimisme mais elle doit indiquer que la difficulté de ces mutations ne sont pas limitées à cette région ou à ce pays.

C'est une région minière avec une pollution beaucoup plus insidieuse que celle qu'on imagine couramment : les galeries de mine inexploitées s'effondrent et crééent des troubles qui ne révèlent qu'au fil des ans, quasiment sans prévenir. D'où la difficulté de développer un habitat stable.

Là c'est une église qui s'enfonce inexorablement dans le sol quasiment "miné" par ces galeries !


Cette promenade bien entamée allait vite trouver un entracte : souhaitant poursuivre ma route pour photographier ce puits de mine survivant j'ai rejoint Karvina pour effectuer un demi-tour en toute sécurité. Et là parvenu aux abords d'un supermarché Tesco, j'ai chévauché un nez de trottoir caché sous une épaisse couche de neige : la lèvre de jante déformée a rompu l'étanchéité du pneumatique. Vous me direz rien de grave. Eh bien si, tout relativement, car ces véhicules n'ont pas de roue de secours d'où l'obligation de se faire assister ... La promenade était terminée en attendant que le "Pneu Services" local répare et change le pneumatique Michelin stocké en Pologne.... L'Europe a quand même du bon.







Mon zèbre a été tout heureux de cette promenade ... au soleil

samedi 27 novembre 2010

Un musée et un monument à voir dans les environs d'Opava

La région d'Opava est située au nord-ouest d'Ostrava. C'est une région particulièrement charcgée d'histoire. A l'origine cette région était peuplée pour partie par des populations Sudètes. Tout le monde connaît les questions douloureuses soulevées par ces minorités. L'Europe n'est pas parvenue à résoudre cette question. C'est un sujet brûlant qu'il est délicat d'aborder ...

La région d'Opava a été le théâtre de très violents combats en mai 1945. L'histoire retient la date officielle du 8 mai 1945 comme date de l'armistice. Les combats ont duré jusqu'au 11 mai à Opava et dans les environs. Je ne pense pas que les populations Sudètes, de langue allemande, aient offert une grande résistance, mais l'armée soviétique a voulu exercer une pression déterminante sur cette région où l'industrie lourde et pétrochimique était très présente.

De nombreuses fortifications de type blockhaus avaient été construites avant guerre par la République Tchèque face au nord-est. Il en reste de nombreux vestiges depuis l'ouest d'Opava jusqu'à Bohumin. J'ai trouvé des traces très explicites à Hlucin... avec notamment un diorama en grandeur réelle, mettant en scène deux T 34 et un Su.






Lorsqu'on se rend à Opava en venant d'Ostrava on traverse le village de Hrabyne qui est situé à une dizaine de kilomètres d'Opava. A la sortie on découvre un monument imposant qui symbolise dans un style très épuré deux chars ou deux trains de roulement gigantesques, traduisant l'effort décisif de l'Armée Rouge. Une statue très "réaliste" représente certainement un soldat de l'armée rouge et un partisan, unis pour chasser l'armée allemande.



Le monument de mémoire qui cache un musée imposant par sa qualité et la symbolique qu'il porte.



La statue



Un canon de 105 mm




Le char SU 100 de 28 tonnes, équipé d'un canon de 100 mm.





Les deux chars T 34. Ce char pèse 32 tonnes et est équipé d'un canon de 85 mm.




Le canon de 122 mm.





Le site est divisé en trois parties :

- Un accueil avec un petit musée.. très succinct
- Une partie restauration
- Un monument consacré à la mémoire comportant lui-même un musée plus conséquent, avec exposition de matériels lourds, la plupart d'origine soviétique (voir ci-dessus)


Le petit musée présente entre autres des dioramas de très belle facture représentant plusieurs scènes des différents théâtres d'opérations de la 2ème guerre mondiale.

 Notamment une scène de la campagne de France de 1940 !





Il y a également une jolie vitrine avce plusieurs maquettes d'aéronefs :



Un Mosquito


Un Léo 431

Le monument abrite donc un lieu de mémoire et un espace muséographique très complet consacré à l'origine à la gloire de l'armée rouge... mais revu et corrigé à la sauce tchèque. A juste titre. Il faut se souvenir que contrairement à ce qui s'est passé France, le gouvernement tchècoslovaque s'est exilé à Londres et les armées tchècosclovaques ont combattu massivement (à l'échelle du pays !) aux côtés des alliés.








Je vous propose de compléter cet article un peu plus tard !

vendredi 26 novembre 2010

En route pour la Silésie et les mines de sel ... peut-être...


Je précise que dans ma panoplie de photographe amateur j'ai un petit G 11 (petit par rapport aux autres...), je l'ai équippé d'un petit support astucieux qui me permet presque d'avoir les mains sur le volant. Uncoup d'index et voilà une photo. Là c'est mon double qui me surveille, il est aussi aimable que le vrai. Très sympa.


Le trajet Vienne-Orlova est très rapide et laisse le temps de faire des haltes ou des détours (acheter la vignette tchèque (350 kCz pour un mois.. pas cher !). Bien entendu l'autoroute passe à une portée de canon du Zuran, un tertre passé à la postérité pour avoir été un des postes de commandement de Napoléon lors de la bataille d'Austerlitz.


Tout est près pour les cérémonies de la semaine prochaine.


Au monument de la paix, il y a un musée très bien fait, un petit restaurant sympa et un comptoir de vente. La vendeuse commence à me reconnaître. Je ne sais pas pourquoi ! En tout cas une personne très aimable.


Je dis souvent que le soleil d'Austerlitz est une réalité. Je ne suis pas Napoléon et pourtant, alors que le temps est couvert, voire plombé, il daigne apparaître au bout de quelques minutes. A chaque fois c'est pareil. Pas une seule fois il n'a fait défaut lors de mes passages qui se font rarement à la belle saison !


A cette saison il y a souvent de la neige. C'est la première fois que je vois le monument de Stare Vinohrady ainsi à cette saison. J'en profite pour présenter mon zèbre à cette terre chargée d'histoire.



jeudi 25 novembre 2010

Dialogue de sourds

Les murs ont des murs

Le dessin de Xavier Gorce.

Source : Le Monde.fr

Du Tyrol au Tyrol

Voilà j'ai quitté momentanément l'Autriche pour rejoindre la République Tchèque. J'aime bien me trouver des itinéraires rapides mais aussi agréables. Je mets ma connaissance de ces pays à profit pour passer par des endroits assez inhabituels, au moins sur certaines portions du trajet. Devant faire une course à Walchsee j'ai emprunté le chemin des écoliers. Walchsee comme son nom l'indique possède un joli lac où j'ai fait premières armes de pêcheur émérite. J'avais quinze ans et je me souviens de parties de pêche nocturnes à la brême . A l'époque on pouvait pêcher la nuit dans ce pays. Je pense d'ailleurs toujours...

J'ai une grande affection pour cette région : Kössen, Saint Jean de Tyrol, Kufstein et toute la vallée qui borde le versant sud du Wilder Kaiser. Par contre j'évite Kitzbühel. C'est une ville que je ne supporte pas, surtout lors des périodes d'affluence des touristes qui y sont particulièrement snobs... voilà je l'ai dit.

La première photo c'est la vue qui s'offre à moi quand j'essaie les vêtements que je m'achète ... pas besoin de message subliminal dans la séquence de publicité... marketing nature !





Là ce sont des vues prises évidemment au bord du lac. Pour ceux qui connaissent je me suis installé à hauteur du café "See la vie", le bien nommé.





Je n'ai pas pu éviter l'effet de flare... on croirait une voile de parapente !



J'aime beaucoup ce lac... les eaux sont particulièrement transparentes !



Comme je me rends en Moravie, via Vienne, j'ai poursuivi mon chemin en passant par Kössen et j'ai franchi la frontière avec l'Allemagne à Reit im Winkl. Le contraste est très fort entre le Tyrol et la Bavière du Sud.Là la neige est très présente et il fait bien plus froid : on passe de + 6 à - 2. Les chaussées des chemins et des routes sont dégagées et donc très roulantes.




En remontant vers l'autoroute qui me conduira à Vienne, la neige est moins présente et je retrouve le profil abandonné au Tyrol. Avec devant moi un tracteur aricole imposant (j'ai actionné le zoom !).




Voilà l'autoroute est prise et je descends rapidement vers Salzbourg, j'arrive bientôt à Bad Reichenhall (j'ai toujours des pensées qui me font revenir à l'histoire.... c'est une région très imprégnée d'histoire).



J'ai passé Salzbourg, et je fais ma halte déjeuner au Landzeit du Mondsee. Cette station d'autoroute est très agréable par le point de vue qu'elle offre sur le Mondsee que je n'ai jamais vu sous le soleil depuis le nombre d'années que j'y passe ! En plus c'est une excellente halte déjeuner, service à table, plats standards mais de bonne qualité et très variés. Le personnel est très attentionné. Ce blog n'est pas le lieu pour faire de la publicité Mais il faut avoir des habitudes et autant que faire se peut des bonnes habitudes. Je fais toujours le plein  dans les stations ÖMV pour la qualité du service et dans la mesure du possible je prends mes repas dans un Landzeit ou un Rosenberger (c'est la même direction... un certain Rosenberger ... ). Ces remarques  sont fondées sur mon expérience. Une des rares fois où j'ai voulu déroger à cette règle, j'ai été déçu : l'exemple étant celui de mardi midi chez Autogrill à Weer sur l'A 12. Aujourd'hui j'ai parfaitement déjeuné pour un prix égal à celui facturé par Autogrill où c'était immonde avec un Dorberman en guise de"cuisinier", enfin ... un cariste reconverti dans la cuisine. Je n'ai rien contre les caristes ... 




Sur cette aire d'autoroute il y a une chapelle... je n'ai rien à dire de plus... moi j'ai épuisé tous mes jokers. Ce lieu ne m'est donc pas indifférent.





Le Mondsee dans toute sa splendeur ... sous le soleil !


Un petit clin d'oeil à ma bière préférée en Autriche. Pas plus haut que le bord. Quand on prends le temps de déjeuner on peut se le permettre. J'ai eu l'occasion de tester : on arrive entre 0,15 et 0,20 g si on sort de table et que l'on conduit de suite. Inutile de dire que cette fantaisie n'est pas permise en République Tchèque où c'est 0 !


Je suis arrivé à 16 heures 15 à mon hôtel à Vienne. Je suis juste à côté du parc du château de Schönbrunn. La petite voiture, une Modus, n'est pas la mienne. Pas assez vaste ! Comme on me le fait assez souvent remarquer : ma voiture c'est mon domicile, mon bureau, mon centre de communications... c'est mon camion-PC !

J'ai pris le titre du Tyrol au Tyrol... pour la bonne raison que le parc qui est juste à côté s'appelle le "Tyroler Garten", le jardin tyrolien. D'où le nom de l'hôtel : "Bergwirt".


mercredi 24 novembre 2010

De tout et de rien

Voilà la vue que j'ai depuis le balcon de ma chambre, il est neuf heures, il a neigé cette nuit mais la poudreuse a fondu. Pour ceux ou celles qui ne connaissent pas il s'agit du Festung qui surveillait le défilé de l'Inn. Accessoirement c'était également une prison.




J'essaierai de tout remettre dans l'ordre quand le serveur voudra bien être disponible ! Un aperçu de Kusfstein et de sa politique des grands travaux. C'est vrai qu'au regard de la superficie les travaux entrepris semplent omniprésents. Ceci doit être relativisé car je constate que le programme progresse rapidement et que les résultats sont très satisfaisants.





C'est vrai que ce ,n'est pas l'idéal pour prendre de belles photos, mais comme le plafond bas et gris ne s'y prête pas, je prends le parti de faire un petit reportage sur les travaux du centre-ville.





Mes amis sont désolés de voir leur centre ville en sans dessus-dessous... mais observez bien ces deux petits immeubles : vous les trouvez jolis avec ce vert qui rappelle quelque chose ?


Direction Innsbruck, j'ai pris l'habitude de rejoindre le centre-ville en sortant à Innsbruck-Süd ce qui est à mon avis le trajet le plus direct. Avantage supplémentaire on remonte par l'ancienne route du Brenner et on repique sur la ville en laissant la colline du Bergisel sur sa droite. Point de vue imprenable !




Vue sur l'abbaye de Wilten. Dommage que le temps soit gris...


L'Annasaüle sur la Maria-Theresien Str.


Il n'y a pas beaucoup de circulation. C'est une simple apparence car pendant la période de l'Avent il y a de nombreuses restrictions. Nous sommes dans une ville qui conduit une politique intelligente. Au lieu de mettre en opposition les usagers de la route (comme à Paris par exemple !), les autorités les font cohabiter en imposant à chacun des contraintes. Pas de motos, pas de scooters ou très peu, des vélos, des voitures, des taxis et des transports en commun. Le tout vit ensemble de manière civilisée. Si ce n'était pas la cas la police saurait y remédier. Il n'y a pas à dire nous sommes dans un autre monde.



Au 31 de la Friedrichstrasse a vécu Léopold Mozart avec sa famille et notamment son fils un certain Wolgang âgé de 13 ans ! A quelques pas du Toit d'Or.






Pour les amateurs de petits trains : les jolis autorails Bombardier. Je signale aux amateurs que la maison Piko a sorti un modèle réduit pour la modique somme de 170 euros (à Innsbruck...)




Ah oui, ça flashe ce bleu !




Le marché de Noël s'agrandit chaque jour ...


Avec, toujours, les bons clients de Glühwein.




Le parlement régional et l'Arc de Triomphe... le monument des héros... sur lequel figure le Général Béthouart, commandant en chef des troupes françaises d'occupation. Dans la patrie d'Andreas Hofer, tout est possible.


Je pense que tous ces travaux nous réservent d'heureuses surprises !


Le Gouvernement régional, j'ose dire : très stalinien. Ce n'est qu'une apparence.


Les arbres commencent à fleurir



Une belle couronne lumineuse orne le rez-de-chaussée des galeries de la mairie (Rathaus Galerien... c'est galerien sont une vraie mode !)


Et pour la fin je vous ai réservé une petite surprise. Un de mes amis lecteur m'avait entrepris sur les WC (on dit "clo" par pudeur ici...). Attention j'ai fait exprès de rendre les photos peu agréables en forçant sr la sensibilité. J'ai poussé à 1600 ISO de manière à produire "bruit".


Ce sont les toilettes implantées sur le bord de l'autoroute A 12 en direction de l'ouest. Et à hauteur de Halle. Ce sont les rares chiottes qui sont gratuites. En apparence c'est un peu négligé.... en fait il n'y a pas de mauvaises odeurs. Enfin disons que ce n'est pas mal pour des équipements gratuits et notamment, aussi, au regard de la fréquentation.


Et en ressortant la maintenance est déjà là !